Les mirabelles

Je revois l’herbe
de jadis
constellée
de mirabelles

que je suis obligée
de ramasser
après avoir joué
tout le jour.

Je revois les fruits
fendus,
presque
rouis,

tout piquetés
de points violets,
prémices
de leur éclat déchu ;

les guêpes
interrompues
qui manquent
de me piquer ;

le sang doré
qui perle
sur mes doigts
comme venu

d’une invisible
blessure ;
puis le bruit
frêle

de la mirabelle
jetée
dans le panier
d’osier,

s’ouvrant
encore,
davantage
fendue.

Je revois
plus tard
la tarte
bien cuite

dont le sucre
qui constelle
l’ambre
des fruits

luit
sous la lampe
de la journée
achevée

– larmes
cristallisées
d’une fin
d’été

qui étoilent
à jamais
le souvenir
d’une enfance

détachée
de moi
qu’il me faut
ramasser

et garder
ouverte
dans mes mains
tout au long

de mon chemin
de vie
si je souhaite
que mes blessures

soient guéries
pour l’éternel
été
futur.

Géraldine Andrée

2 commentaires sur « Les mirabelles »

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