La robe de l’âme

J’ai eu une robe jadis,

douce et longue

comme la brise de juin

qui passe sur le monde.

 

Je ne peux prouver

qu’elle ait existé ;

elle date d’un temps

si ancien…

 

Mais je me souviens

de ce rayon bleu

qui enveloppait

mes épaules,

 

de ce murmure

de soie

et de satin

qui allumait

 

sur mon corps

un chant de joie

quand sa corolle

s’ouvrait dans l’ombre

 

avant que je n’aille

à ta rencontre,

de cette lumière

qui bordait

 

comme un rivage

le velours

lorsque je m’apprêtais

dans le miroir,

 

de ces vagues

que mes hanches

rassemblaient

tout autour

 

de mes reins

et qui m’emportaient

au rythme

du tintement

 

de mes souliers

sur le seuil

de ta chambre,

et de la légère

 

entaille

de l’échancrure

qui offrait

soudain

 

sous ta main

telle une fleur

éclose

ma peau rose,

 

là,

juste à l’endroit

où bat

mon coeur…

 

Cette robe

de fête

m’a faite

grande dame

 

et même

si ces jours

ne reviendront pas,

je crois

 

que cette robe

entoure

pour toujours

mon âme.

 

Géraldine Andrée

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