Le temps de notre conscience

Le ciseau fauche pour la rentrée les beaux cheveux longs des vacances.

L’on range les pots de confiture mordorée dans l’armoire pour l’hiver.

Des fils gris raccommodent les vêtements de la saison précédente.

L’amie retrouvée sur le banc d’école près de soi a grandi.

 

Ce poème que l’on relit, on le comprend différemment maintenant.

Un mot succède à un autre comme un battement de coeur.

La lettre arrive de plus en plus en retard et bientôt, l’envoi cesse.

Comme on se sent passer malgré Soi !

 

Un jour, faute de pouvoir arrêter le temps,

on veut en profiter.

On s’arrête en route et l’on perçoit davantage

les rumeurs du soleil dans le feuillage.

 

Il nous semble alors,

pendant un bref instant de grâce,

que c’est le chemin qui passe,

et que l’on garde, Soi,

 

malgré les épreuves,

le rire de notre enfance

qui bat des ailes

à chaque seconde

 

comme une tourterelle

neuve

au bord

du monde,

 

et l’on demeure,

là,

résident

de ce moment de vacance

 

qui durera

assurément

le temps

de notre conscience.

 

Géraldine Andrée

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