Enfance

Je me souviens du livre Enfance de Tolstoï que je lisais sous le marronnier de ma jeunesse.

Je me souviens du jardin propice à cette lecture, de l’éclat des feuilles aujourd’hui feues, du mouvement du vent dans l’herbe, du clignement de la lumière, du chat tigré qui arrivait en silence sur l’allée bleue.

Allongée dans le jardin de mon enfance, j’entrais doucement dans la campagne d’Enfance de Tolstoï.

Je suivais à la trace les aventures de ce garçonnet. J’adaptais mon souffle au rythme ample et complexe des phrases de la littérature russe.

Moi, petite fille encore, je vivais ses premiers éveils amoureux.

Je ne sais pas ce qu’est ce livre devenu.

Je voudrais le retrouver tel que je l’ai lu, quoique un peu jauni peut-être, un peu fripé d’avoir été lu par d’autres yeux que les miens – les lettres un peu pâlies sans doute comme les joues d’un enfant qui, jusqu’au bout de sa journée, a bien joué, bien vécu.

A travers Enfance de Tolstoï, je voudrais rencontrer le regard de celle que je fus.

Géraldine Andrée

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