Un jardin pour cahier

Mon Dieu !

Donnez-moi un jardin pour cahier ;

un jardin que l’on entend respirer près de soi comme un poème né à l’aube ;

un jardin qui murmure à l’âme des mots qui n’existent pas encore mais qui viennent de l’alphabet de la source ;

un jardin familier telle une paume offerte au jour ;

un jardin qui, pareil aux yeux verts du chat surgi d’un chemin, réveille à fleur de rêve le dormeur ;

un jardin dont les feuilles en se tournant vers le vent changent à chaque instant ;

un jardin qui se feuillette avant que l’index ne touche les lèvres pour que le secret soit bien gardé ;

un jardin intime, à poser sur sa poitrine pendant l’hiver.

Donnez-moi, mon Dieu, un jardin qui se retrouve au fond de la mémoire et se relit quand le temps a détaché toutes les fleurs blanches.

Donnez-moi un jardin dont les feuilles successives

m’inviteront à vivre

un matin,

un mot

plus loin.

Géraldine Andrée

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