Ton souffle

On me dit que ton souffle t’a quittée.
Mais mon âme me dit
que tu as laissé voguer ton souffle
dans la grâce du renoncement.

Tu as entrouvert tes lèvres
et tu as fait présent de cette fleur
détachée des bords de la rive
à Plus Puissant que ta volonté.

Maintenant, ton souffle est partout.
Il traverse les saisons.
Devenu ce flot
qui l’emporta

comme pétale,
il s’avance
toujours renouvelé
vers l’espace.

Il franchit dans mes songes
le seuil d’un vaste domaine
et entre dans le champ d’or
de tous les possibles.

Il habite les arbres, les herbes,
palpite sous les taillis,
s’engouffre dans les gorges
des torrents.

Il fait battre ensuite
le pouls du silence
et je crois entendre
un enfant qui dort.

Il ouvre ma fenêtre
lorsque le bleu du jour sonne
de sa note la plus haute
l’urgence à vivre.

Ce frôlement que je perçois
dans la nuit sur mon front,
quand je me cause tant de souci,
n’est-ce pas ton souffle

qui s’approche de moi ainsi,
craignant de me faire tressaillir
et éteindre
comme une flamme de bougie ?

Si je cherche mon chemin,
il suffit
que je lève les yeux.
Et voilà ton souffle

qui danse au-dessus de moi,
à la fois le vent
et le cerf-volant
relié à ma vie

sans le fil.

Géraldine Andrée

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