Le souvenir de l’ombre

Quand on a clos
les volets,
l’ombre est entrée
chez toi.

Elle a jeté
son long
manteau
sur le piano

noir
d’ébène,
le tabouret
de velours

où tu t’asseyais
tous les jours,
tes bouquets
d’aiguilles à coudre,

les reliures
de ton mari,
les cartes
postales

de vieux
voyages
accomplis
par des amis

décédés
depuis,
les masques
africains

rapportés
d’une mission
géologique
au Ghana.

L’ombre
s’installe
aussi
à la grande

table
où tu servais
jadis
les dîners

de famille
et elle attend
qu’arrive
le plat de faïence

parmi
les ordonnances
oubliées
là.

Souvent,
je vois
battre
le coeur

d’or
de l’ombre,
ce balancier
de pendule

qui va
du même
rythme
tranquille

qu’aucun
événement
ne trouble.
L’ombre

demeure
désormais
à ton adresse.
Elle cache

dans sa robe
tes chers objets
dont tu guettais,
quand tu étais

encore
lucide,
le vol
possible.

A présent,
tu ne te souviens
plus
de rien

et lorsque
je retrouve
la rue,
les voix,

le mouvement,
la foule,
le soleil,
il ne me reste

de ma visite
chez toi,
et de mon parcours
parmi tes souvenirs

communs
à nous tous,
que le souvenir
de l’ombre

qui est venue
à saut de loup
une fin d’après-midi
d’août.

Géraldine Andrée

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