Tu es là

Il est des points
sur le tissu du jour
où l’aiguille du temps
se suspend.

Ce sont des instants
entre les moments,
de brèves
trêves.

Il est trop tard
pour continuer
à coudre
car il ne demeure

que la frêle
fleur d’or
d’une lueur

sur ton ouvrage.

Et il est beaucoup
trop tôt
pour commencer
à préparer le dîner.

D’ailleurs,
tu attends
que la grande
aiguille

d’argent
s’arrête
dans sa course
autour

du cadran
sur le chiffre
Six
pour te rendre

d’un pas lent
à la fenêtre
et fermer
les volets.

Pendant ce temps,
tu laisses
tes paumes
écloses

comme
deux ailes
d’oiseau
encore

ouvertes
après leur
vol
sur tes genoux,

et tu regardes
un ciel
lointain
que je ne vois pas.

On dit
que tu es partie
sur la terre
d’Alzheimer,

où personne
d’ici
ne peut
t’envoyer

de message,
mais quand
je pose
mon regard

souvent
effarouché
sur ton visage
si clair

à l’heure
où baisse
la lumière,
et qui sourit

légèrement
face
à cet instant
qui se repose

entre
deux moments,
je me dis
que tu es là,

maintenant.

Géraldine Andrée

 

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s