La senteur de la terre

J’aime depuis l’enfance la terre mouillée dont la senteur est mystère.

Surtout la terre d’automne couleur de rouille où gisent les feuilles flétries, les fleurs fanéesles fruits rouis.

Quand je partais en promenade, les fins de dimanche, avec mon père dans la forêt juste derrière la maison, l’odeur de l’humus se levait dans la brume.

Il me semblait que j’absorbais cette infusion secrète avec tous mes sens éveillés.

La senteur de la terre accrochait ses pétales au col de laine où perlait mon souffle.

Je rentrais, revigorée, contente d’avoir été le témoin silencieux de la lente exhalaison du monde.

C’est pour cela, je crois, que j’aime les vieux livres.

Je retrouve en leurs pages jaunies, dentelées, rêches et souvent piquetées d’étoiles brunes cette senteur des sous-bois qui monte des mots à travers lesquels je vais le soir,

jusqu’à mes lèvres.

Géraldine Andrée

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