Alors, je sonnerais chez toi

Alors, je sonnerais chez toi.

Tu apparaîtrais

dans l’ombre,

vêtue de ta robe

de chambre.

 

Tu me demanderais

comme d’habitude

« Qui vous êtes ? »

Et je chasserais

ce sentiment

 

de solitude

pour répondre

« Géraldine,

la fille de ta soeur. »

Tu sourirais,

 

incrédule,

et tu t’effacerais

de l’autre côté

du seuil :

« Entrez ! Madame! »

 

Je n’entendrais

que les bruits

de mes pas

guidés par tes chaussons

de coton.

 

Nous longerions

le couloir

jusqu’au salon

éclairé

par une lampe

 

frêle,

quelle que soit

l’heure,

et même quand il fait

grand soleil.

 

Je m’assiérais

sur le fauteuil

de velours

et nous garderions

ensemble

 

le silence,

partageant

néanmoins

le battement

de coeur

 

de la pendule

au-dessus

de la crédence.

Je te regarderais

dévider

 

tes éternelles

pelotes

de laine

de toutes

les couleurs,

 

couper

les fils

avec ton ciseau

aussi petit

que celui

 

d’une écolière,

et les rassembler

délicatement

comme si c’étaient

des tiges

 

de printemps.

Alors, je sonnerais

chez toi,

aujourd’hui

comme hier,

 

pour te voir faire

à ta manière

un bouquet

de laine

afin qu’il dure

 

toujours.

 

Géraldine Andrée

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