Partir de bon matin

Partir de bon matin
Prendre le premier train qui descend vers le Sud
Filer à fleur de colline en sens inverse du fleuve
A voir les petits astres de givre sur les branches
je sais que c’est encore ton pays de brume et de neige brune
ton pays dont je garde allumées comme des veilleuses de réconfort 
les lueurs des anciennes lampes derrière les paupières de mon rêve 
Mais partir tout de même
Fuir ton absence qui me hante jusqu’au coeur des poèmes
Franchir doucement la frontière invisible
pour me surprendre à revivre
Accrocher à la ligne du quai mon regard
Avancer vers d’autres couleurs qui changent selon l’air chargé de rumeurs
Déambuler dans les rues où tu n’as jamais marché
M’effacer le temps d’un éblouissement dans les encorbellements dont tu méconnais les soupirs cachés
Ne plus craindre de retrouver ta trace dans ce pays de vent et de vague
Tenir dans ma paume un fruit que tu n’as pas goûté
Monter cet escalier où l’écho de ton pas n’a jamais résonné 
Espérer là où le souvenir de ta présence est impossible
Voir grandir au soleil mon ombre sans songer à la tienne qui a disparu
Et puis de jour en jour au rythme des musiques des étreintes des oublis qui me mènent toujours plus loin
m’apercevoir que ton sourire entrouvre l’azur du soir
et que dans la foule ou la solitude
dans les villes ou les jardins
au bord des périphériques ou des fontaines
derrière un bar ou un coteau de fleurs
je ne fais que bercer ta mémoire sur mon coeur

Géraldine Andrée

Partir de bon matin…

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